Évènement

1° Séance du séminaire « Penser les histoires du cinéma » 2022 - 2023

Christophe Gauthier « D'encre et de nitrate. Pour une histoire de l'histoire du cinéma »

12 octobre à 18h en salle 251 au Centre Saint-Charles

 

« D’encre et de nitrate. Pour une histoire de l’histoire du cinéma »

Pour participer à la séance sur zoom : https://bit.ly/3rj0Las
ID de réunion : 964 6892 1129
Code secret : 966966

 

Cette séance entend dégager quelques lignes de force de plusieurs textes d’histoire du cinéma écrits en France entre la dernière décennie du Muet et les années d’éclosion de la Nouvelle Vague, depuis L’Histoire du cinématographe de Coissac publiée en 1925, jusqu’à l’entreprise sadoulienne, en passant par Moussinac, Bardèche et Brasillach, mais aussi Georges Charensol, Marcel Lapierre, ainsi qu’Henri Langlois et Raymond Borde et Nicole Védrès, seule femme de ce bref corpus. Il y a là trois catégories distinctes « d’historiens » que l’on pourrait répartir de la manière suivante : des journalistes de cinéma – bien souvent des critiques cinématographiques – ; des hommes et une femme de lettres dont l’écriture sur le cinéma apparaît presque comme un accident, des cinémathécaires enfin. Certes l’histoire dont il est ici question se décline sous forme de textes. Voilà pour l’encre. Elle n’est envisageable par ailleurs qu’à condition de conserver et de programmer des films, en dessinant par là une forme singulière d’écriture qu’il revient à Dominique Païni d’avoir bien identifié à propos du seul Langlois. Voilà pour le nitrate.

Au-delà des sources et des méthodes de chacun, l’enjeu est de déterminer les paradigmes qui sont mis en œuvre pour l’écriture d’une histoire si récente qu’elle se présente sans modèle, une histoire qui s’invente en somme au fur et à mesure de son déroulement et dont les auteurs s’attachent à révéler les ruptures comme les articulations. Bref, pour écrire une histoire du cinéma qui s’inscrive dans le grand mouvement de l’histoire de l’art, quels sont les notions utilisables dans la première moitié du XXe siècle, et comment ces dernières évoluent-elles alors que se déploie un récit historique qui s’efforce de s’adapter à la singularité des formes cinématographiques ? Comment apparaissent en outre dans l’après Seconde Guerre mondiale de nouveaux paradigmes d’écriture de l’histoire du cinéma qui, sauf exception, empruntent à l’exercice critique qui connaît un bref âge d’or entre le début des années 1950 et la fin des années 1960 ? Alors que la politique des auteurs structure durablement le champ de la critique et par extension une certaine écriture de l’histoire, d’autres modèles opératoires en histoire du cinéma, rendus possibles par l’accessibilité (toute relative) des films anciens, tentent alors de s’imposer.

 

Christophe Gauthier