Évènement

2ème séance du Séminaire de recherche « Penser l’analyse de film à dates anniversaires. Histoire et théorie » / Cinémathèque française

Séminaire de recherche organisé par Massimo Olivero et Matthieu Couteau 

 

Programme « Penser le cinéma : esthétique et histoire », Institut ACTE

 

Le 05/03 de 16h à 18h dans la Salle Musidora de la Cinémathèque Française, 51 Rue de Bercy, Paris

« Analyse années 1930 : passage tardif au parlant, réalisme et engagement politique en Asie »

 

 

  • Laurent Husson, « La Divine, film phare du mélodrame social chinois ».

 

La Divine (Shén nû 神女), premier long-métrage réalisé par Wu Yonggang en 1934, est sans nul doute l’une des œuvres les plus célèbres et commentées de l’histoire du cinéma muet chinois. Dans le cadre de cette intervention, nous proposerons une analyse de ce film en tant qu’œuvre à la fois représentative des ambitions artistiques du studio Lianhua, et singulière dans son épure esthétique. Si les thématiques abordées dans ce mélodrame reflètent l’influence alors grandissante, au sein de la Lianhua, des intellectuels de gauche, la mise en scène de Wu Yonggang est, quant à elle, conçue comme un écrin pour l'actrice Ruan Lingyu, dont l’exceptionnelle popularité contribua à la patrimonialisation du film.

Laurent Husson est ATER à l’Université Sorbonne Nouvelle, dont il est titulaire d’un doctorat en études cinématographiques et audiovisuelles. Il a précédemment été ATER à l’Université de Picardie Jules Verne, et a enseigné aux universités Paris 8 Vincennes-Saint-Denis et Gustave-Eiffel. En février 2022, il a soutenu une thèse intitulée « L’Émergence des collections de livres de cinéma dans la France de l’après-guerre (1945-1954). Une étape cruciale de l’histoire de l’édition de cinéma française », dirigée par Laurent Véray. Ses recherches actuelles recoupent notamment les domaines de l’histoire de la critique, du cinéma muet, ainsi que de l’enseignement universitaire du Cinéma en France. En collaboration avec Enrico Gheller, il prépare une monographie consacrée à Jean George Auriol. Il préside depuis 2021 l’association Kinétraces.

 

  • Quentin Lepetitdidier, « Êtres-lieu : de La Cigogne en papier ».

 

La Cigogne en papier est le dernier film muet réalisé par Kenji Mizoguchi en 1935, un an avant son diptyque L'Élégie d'Osaka et Les Sœurs de Gion. Décennie essentielle pour comprendre l'évolution esthétique du cinéaste, abandonnant le découpage pour le plan long, La Cigogne en papier cristallise les enjeux d'un tel bouleversement. Au-delà de ce virage formel qui caractérise les années 1930, Mizoguchi semble interroger avec une extrême précision le concept de lieu en des termes esthétiques. Rarement convoqué dans les études cinématographiques, l'analyse de l'ouverture de La Cigogne en papier permet d'envisager une réflexion nouvelle sur le lieu chez Mizoguchi.

Quentin Lepetitdidier est doctorant en études visuelles à l’Université Paris Cité sous la direction d’Olga Kobryn et d’Emmanuelle André. En deuxième année, son travail de recherche porte sur les enjeux esthétiques liés aux passages de supports (16mm, VHS, miniDV, HD, téléphone portable…) dans l’œuvre du cinéaste expérimental nord-américain Leighton Pierce. Plus précisément, sa recherche s’oriente vers les questions de matérialité, de dispositifs, et voudrait explorer le concept de lieu.