Hollywood, premières approches : le genre, matrice d'un récit et d'un langage. 21 janvier 2026 à la Cinémathèque Française
Conférences de Brice Bonnet et Alessandro Cariello, organisées dans le cadre du séminaire « Nouveaux regards sur le cinéma hollywoodien. Histoire, théories, analyses ». Salle Musidora (Bibliothèque de la Cinémathèque Française) 16h-18h.
Les Désirs secrets (1935) de La Petite Provinciale (1936) : questions de classes et de styles
1935-1936, de l'autre côté de l'Atlantique. Deux jeunes femmes s'ennuient dans leurs bourgades natales ; exaspérées par leur modeste famille et l'étroite routine, Alice Adams, la fille de petite famille de Stevens, et Katherine Brannan, la petite provinciale de Wellman, se risquent à des romances ambiguës auprès d'hommes plus riches. Par l'analyse comparée, Brice Bonnet proposera de voir comment les formes et les acteurs créent des styles contrastés, usant tantôt du mélodrame, tantôt de la comédie, pour illustrer les inégalités de classes, les fêlures intimes et les heureuses réconciliations.
Brice Bonnet est doctorant à l'EDESTA (Université Paris 8 – Vincennes Saint-Denis) et chargé d'enseignement. Il prépare actuellement une thèse sous la direction de Marguerite Chabrol, autour des stratégies formelles et politiques de représentations des classes sociales dans le mélodrame hollywoodien de la Grande Dépression.
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La porosité des genres dans la trilogie de la créature du lac noir (1954-1956)
Dès sa sortie, L'Étrange créature du lac noir de Jack Arnold (1954) s'impose comme un succès populaire qui donnera lieu à deux suites : La Revanche de la créature (1955) et La créature marche parmi nous (1956). Bien qu'il soit aujourd'hui considéré comme un classique de l'horreur, Universal avait pourtant choisi de le promouvoir comme un film de science-fiction. L'hybridité qui découle de ce phénomène de « régénérification » ne peut pourtant pas se réduire à une stratégie communicationnelle. L'analyse d'Alessandro Cariello propose d'envisager en quoi une telle porosité générique fait de ce film une véritable « expérience-limite », entretenant un rapport singulier avec le classicisme.
Alessandro Cariello est doctorant et ATER en études cinématographiques à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Dirigé par José Moure, il prépare une thèse autour des sensibilités paysagères dans le cinéma italien des années soixante. Ses axes de recherches portent sur l'esthétique et l'histoire du cinéma italien, du muet au contemporain, le cinéma SF hollywoodien des années cinquante ainsi que sur le cinéma des migrations dans l'espace méditerranéen.